Roger Martinez, c’est un peu notre Guy Roux à nous. Au club depuis plus de 50 ans, Roger est le plus ancien des Sang et Or. Aujourd’hui coach des U6 de l’AS Saint-Priest, il raconte quelques-unes de ses meilleures anecdotes.

Mon parcours à l’ASSP

« Je suis arrivé au club en 1962, quand j’avais 15 ans. J’ai joué jusqu’en Juniors. Après, dans les années 80, Thomas Garcia, qui était alors le responsable des poussins, m’a proposé de m’occuper des petits en tant qu’entraîneur. Il faut savoir qu’avant, les poussins jouaient à 11 sur le grand terrain, avec un système en 3-3-3-1. Mais le district a ensuite décidé de passer à 7 joueurs (en 3-3), puis sur les demi-terrains autour de 1985, pour que tout le monde puisse toucher le ballon. À Saint-Priest, le niveau a toujours été élevé. Malgré les différents changements, on continuait de dominer chez les jeunes.

Au club, j’ai été coach des poussins, dirigeant en 14-15 ans, et même dirigeant de l’équipe deux en seniors. J’ai aussi suivi mon gamin, qui a joué jusqu’en U17 National. Aujourd’hui, j’entraîne les U6. Je leur apprends la conduite de balle, la passe, le contrôle, le placement, et l’intelligence de jeu. C’est la base du football. Les petits ont tendance à courir pour aller chercher le ballon, donc je leur explique que c’est au ballon de courir ».

Mes souvenirs

« Mon meilleur souvenir au club, c’est d’avoir remporté le titre de Champion du Rhône en poussins dans les années 85, quand on jouait à 7. Mais mes souvenirs sont nombreux, car j’ai côtoyé beaucoup de bons joueurs. J’ai notamment connu Christian Scheiwe, l’actuel entraîneur de la N2, ou Yannick Martin, le gardien de la N2.

J’ai une grande affection pour Pierre Kalulu, qui a paraphé un contrat aspirant stagiaire avec l’OL en décembre dernier. Avant qu’il signe ce contrat, j’ai reçu la visite de ses parents, qui m’ont dit que Pierre voulait que j’aille à la signature le vendredi 15 décembre, car j’ai été son premier éducateur dans le foot. Je suis donc allé à l’OL, où j’ai pu discuter avec le directeur sportif. Je lui ai dit que Pierre a toujours été un gamin intelligent. En U6, il orientait déjà le jeu à sa guise.

Le joueur le plus talentueux que j’ai vu, c’est Rayan Cherki, qui joue encore à Lyon. C’est un phénomène ! Un mercredi, en venant au club, je l’ai vu jouer dehors, il était en train de s’amuser. Il était très fort. Je suis donc allé voir son papa, et je lui ai dit de l’amener à l’entraînement avec nous. Quelques semaines après, il était avec nous. J’en ai bien pris soin, et à 6 ans, il est directement allé avec les U8 tellement il était fort, au niveau technique, mais aussi d’un point de vue collectif. L’OL l’a vu à Parilly, et l’a directement pris dans son centre de formation. Depuis, il a failli partir à Chelsea quand il avait 12 ans, mais Jean-Michel Aulas lui a fait signer un contrat de non-sollicitation ».

Un conseil pour le club

« J’aimerais que le club laisse plus sa chance aux jeunes du cru. Quand je vois notre équipe U19, il y a 2-3 joueurs qui ont les qualités pour jouer en équipe première. Il manque encore ce dernier palier à franchir avec les seniors, ne serait-ce que pour conserver nos meilleurs jeunes. Si le joueur mérite, il doit monter au-dessus, même si c’est dur à gérer… ».