Quatre mois après sa prise de fonction en tant que directeur sportif de l’AS Saint-Priest, Robert Mouangué tire un premier bilan de son activité sans oublier d’évoquer l’avenir du club sang et or.

Le poste de directeur sportif

« C’est loin d’être un long fleuve tranquille ! Au quotidien, chaque jour a son lot d’événements, de dilemmes et de problèmes… Je dois tempérer les ardeurs des uns et des autres. Il y a beaucoup de sanguins au club. Grâce à mon tempérament plutôt posé et fédérateur, je m’attelle à répondre aux attentes de chacun avec toujours un peu de recul car ma vision se doit d’être globale. La place de directeur sportif était vacante depuis plusieurs mois. Le club avait besoin d’un référent clairement identifié entre les éducateurs et la direction. Il fallait poser des cadres, porter et défendre la politique sportive définie avec l’ensemble de la direction.

J’apprécie le soutien permanent de la direction tout en étant le plus possible à l’écoute des éducateurs. J’attends d’ailleurs de leur part le même respect et la même écoute. Petit à petit, certaines choses sont identifiables, mais cela reste un travail d’ajustement permanent. Je suis très impliqué et présent au club tous les après-midi, tous les soirs aux entraînements, et les week-ends aux matchs les plus sensibles. Mais je suis un passionné, donc ce n’est pas un sacerdoce ».

Le premier bilan et le début de saison

« L’objectif de la National 2, qui a été défini par la direction, c’est la montée. Le début de saison est mi-figue mi-raisin avec trois victoires et quatre défaites en championnat. Avec le recul et sur l’analyse des matchs, on pourrait avoir deux points de plus, en pensant notamment aux défaites contre Belfort et l’OL. Notre prochain match contre Saint Louis samedi sera un petit tournant de la saison. Dans le sens que si l’on gagne, on reviendrait d’une part sur eux et on s’approcherait du Top 5. Mais surtout cela devrait faire naître un esprit plus ambitieux au sein de l’équipe. Être dans le Top 5 après huit journées, ça montrerait aux joueurs qu’on a un coup à jouer dans ce championnat. Pour l’instant, les joueurs n’ont pas vraiment conscience de ça. Il est hors de question de se contenter d’un maintien, qui est le premier échelon à franchir bien entendu. Mais qui peut le plus, peut le moins ! Toujours viser plus haut et mieux, ça fait partie du haut niveau. La Coupe de France, c’est également un réel objectif. Jouer un 32e de finale sur notre nouvelle pelouse du Stade Jacques Joly, ce serait une manière phénoménale de l’inaugurer aux alentours de janvier 2018.

Pour la R2, le début de saison est mitigé. L’objectif, c’est la montée. La lutte se fera vraisemblablement contre deux autres équipes réserves, celles d’Andrézieux et de Limonest. Le groupe, jeune et discipliné, travaille bien avec Nicolas Rioux et Jean-Pierre Ribeiro. Il y a certes des petits réglages offensifs à trouver, mais il y a surtout un gros travail de gestion et de management à faire entre les joueurs du groupe R2 et les redescentes de N2 pour les matchs du week-end. C’est toujours délicat à gérer pour le coach d’une réserve.

En R3, il y a aussi beaucoup de très jeunes joueurs. L’objectif pour eux, c’est d’acquérir l’apprentissage du monde senior et peut-être mieux. On s’attend quand même à avoir des résultats en dents de scie.

L’objectif des U19, c’est de faire aussi bien voire mieux que l’an dernier. Le début de saison a été bon, malgré un coup d’arrêt contre le FC Lyon. En espérant que ce soit un mal pour un bien, surtout que cette équipe n’a pas le droit à l’erreur pour monter en National…

U17, c’est la catégorie charnière du club. Le début de saison est très difficile avec un calendrier ultra compliqué contre les grosses formations de la poule. Mais joueurs, staff et dirigeants, nous ne lâcherons pas l’affaire et nous nous battrons jusqu’au bout.

Pas de surprise pour les U16 et U15. Les éducateurs font leur boulot de formateurs. Ils sont tous à leur place et effectuent un bon travail ».

Le projet sportif

« Notre politique est une politique de jeunes. Nous devons donc prioriser la formation, promouvoir les jeunes du club, en former et en accompagner le plus possible jusqu’en équipe fanion. D’autres auront la chance d’intégrer des centres de formation de clubs professionnels. Cette politique doit être portée par tous les éducateurs et dirigeants de façon permanente car c’est elle qui fait de l’AS Saint Priest l’un des tous meilleurs clubs amateurs en termes de formation dans la Ligue Rhône-Alpes, et ce sur du long terme ».

Le projet de jeu

« L’identité de jeu n’impose pas un système de jeu commun, bien qu’il soit intéressant de sensibiliser les joueurs à plusieurs systèmes : le 3-5-2, le 4-3-3, etc… Certains principes de jeu, d’attitudes et comportements de nos joueurs se retrouvent dans la plupart de nos équipes, des U15 jusqu’en N2. Comme par exemple sur le plan défensif : défendre en avançant, le changement de statut immédiat en reformant le bloc, une zone press, etc… Ou sur le plan offensif : fixer d’un côté pour jouer de l’autre ou sortir de derrière en recherchant l’appui profond puis soutien puis largeur et/ou profondeur. Mais bien sûr, nous ne sommes certainement pas les seuls à travailler là-dessus.

Ceci dit, je pense que les équipes de Saint-Priest doivent surtout retrouver l’engagement d’antan ! Avant, Saint-Priest était réputé pour son agressivité, avec des équipes et surtout des défenseurs « durs ». Ces dernières années, on a peut-être un peu trop privilégié le jeu au détriment de l’engagement. On se doit de trouver un mix entre le beau jeu et l’engagement, Ça me semble primordial de davantage intégrer ça dans notre projet de jeu commun. Nos éducateurs y travaillent ».

Les changements à venir

« Le désengorgement du Stade Jean Bouin, avec l’arrivée du nouveau complexe de Jacques Joly, les terrains synthétiques étant prévus pour fin 2018, va changer beaucoup de choses. Les équipes vont pouvoir travailler sur des surfaces plus propices à faire un travail technique de qualité, avec plus d’espaces et des horaires mieux adaptées. La direction passe beaucoup de temps sur le projet global qui aboutira en 2019.

L’autre gros objectif de la saison, au niveau de la formation, sera d’obtenir le Label Elite en fin de saison pour une durée de trois ans. C’est même prioritaire, compte tenu des enjeux sportifs et financiers et de la progression du club du point vue structurel et organisationnel ».