À 34 ans, et après une carrière de joueur bien remplie, Michael Napoletano a raccroché les crampons en fin de saison dernière. Désormais entraîneur de la Régional 3 de l’AS Saint-Priest, l’ancien défenseur se confie avant le match contre Annecy Le Vieux, prévu ce samedi à 18h au Stade Jean Bouin.

La présentation

« J’ai arrêté ma carrière de joueur en fin de saison dernière. J’ai passé sept ans à Saint-Priest. En jeunes, j’ai été formé aux Minguettes, puis à l’OL, à Montpellier, où je suis parti à 12 ans. J’ai ensuite fait une grande partie de ma carrière dans le Sud de la France, à Martigues, à Beaucaire, à Béziers, puis à Fréjus, où j’ai joué en National. Après Perpignan, je suis revenu ici car je voulais continuer à jouer à un niveau intéressant tout en anticipant ma vie professionnelle. Et dès mon retour, j’ai eu la chance d’intégrer la Métropole de Lyon, au sein de laquelle je travaille le matin en tant qu’adjoint technique dans la propreté. Le midi, je bosse dans ma Brasserie (Le Barletta à Vénissieux). Et le soir, j’entraîne à l’ASSP. Avec ces trois occupations, ça fait des journées bien chargées puisque je me lève à 5h du matin, et je rentre à 21h chez moi le soir. Mais la passion du foot me permet de tenir ».

La transition entre le joueur et l’entraîneur

« Arrêter sa carrière de joueur, ça fait un grand vide. Mais parfois, je m’intègre dans les séances aux entraînements pour garder le rythme. Mon dernier match, face à Bourgoin en CFA2 l’an dernier, m’a mis un gros coup émotionnel. C’est dur de passer de l’autre côté de la barrière. Quand j’étais joueur, j’étais un leader, un ambianceur du vestiaire. J’étais apprécié et respecté de tous, je parlais beaucoup. Donc tout cela a fait que je me suis mis en tête de me diriger vers le coaching. J’ai ressenti une reconnaissance de la part des joueurs et du club, du coup cela a facilité mon intégration en tant qu’entraîneur. L’an dernier, j’ai joué le maintien avec la PHR, que j’entraîne aujourd’hui. Il n’y a pas eu de souci avec le changement de statut au sein du vestiaire. Certains joueurs m’ont regardé avec des yeux différents, surtout que je suis sévère depuis le départ. Pour être joueur, il faut de la rigueur et de l’assiduité. Donc j’ai expliqué aux garçons qu’il fallait être sérieux à l’entraînement pour que le match du week-end ne soit qu’une répétition. Le plus gros du travail s’effectue la semaine ».

La philosophie de jeu

« J’aime que mon équipe me ressemble, avec notamment un pressing global sur tout le terrain. J’ai un bel effectif en R3. Il est techniquement à l’aise, mais il doit encore apprendre à se mettre en mode guerrier, comme le veut notre championnat. Mon effectif doit avoir beaucoup d’envie. À ce niveau-là, les contacts physiques sont différents. Les arbitres sont moins stricts qu’en national. La moyenne d’âge de mon groupe est de 23 ans. Certains joueurs connaissaient le monde seniors, mais d’autres, pas du tout puisque j’intègre des U18 et U19. Pour eux, le but, c’est d’apprendre la culture seniors avec de l’impact dans les duels. En séance, je suis toujours derrière eux pour qu’ils progressent. On fait beaucoup d’exercices défensifs avec des duels, du marquage individuel pour répéter les conditions de match ».

Le premier bilan

« Le bilan est équilibré. On pouvait mieux faire. Le premier match, lors du derby contre La Duchère 3, on fait 2-2. On est reparti avec beaucoup de regrets puisqu’on loupe un penalty, on fait un poteau et on encaisse un csc en fin de partie… C’était frustrant. Mais on a bien réagi contre Grand Colombier, grâce à une victoire 2-0, avec un contenu pas forcément aussi abouti que lors de la première journée. Et on a perdu 0-5 à La Motte Servolex. C’était sévère car on a eu une certaine maîtrise, mais au niveau de l’envie, on s’est fait manger. Pour ce match, je n’avais pas de défense. Les joueurs étaient suspendus, blessés ou absents. Donc j’ai dû bricoler en mettant des milieux…etc. J’ai même hésité à me mettre sur la feuille, car j’ai encore ma licence de joueur, mais au final, j’ai préféré laisser la place à un joueur du groupe… ».

Le match contre Annecy Le Vieux

« C’est le premier gros test de la saison. On joue contre le leader invaincu. On s’attend à jouer contre une équipe très costaude en défense et qui prend donc peu de buts. Le discours, c’est de mettre du rythme. Il faut qu’on se concentre sur notre foot à nous. Il faudra mettre de l’impact dans les duels. Si on gagne les duels, je pense qu’on aura la victoire au bout… ».

L’objectif de la saison

« Le club me laisse travailler tranquillement. Je n’ai aucune pression. La R3, ça reste de la formation pour le monde seniors. On doit préparer les jeunes à aller voir plus haut ensuite. En tant que coach, j’ai envie de finir le plus haut possible au classement. Et vu notre groupe, on peut viser les premières places. Le plus dur pour une équipe 3, c’est la gestion humaine. Car on n’a jamais la même équipe entre le groupe R3 et les descentes de R2. Il faut être un psychologue. Je suis proche de mes joueurs en gardant toutefois une barrière avec eux. Après, je suis un compétiteur, donc seule la victoire compte. Ce qu’on retient, c’est le résultat, même si le contenu est aussi important ».